The Arctic Monkeys

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A écouter pendant la lecture : Playlist Arctic Monkeys

 

Certains se rappelleront encore le groupe de Sheffield à ses débuts : cheveux longs, boutons d’acné, joues rondes d’ados jouant du rock anglais. Près de 15 ans et 5 albums après, le groupe a bien changé d’univers musical comme de style vestimentaire.

Les deux membres fondateurs du groupe, Alex Turner et Jamie Cook, amis de collège, décident tous les deux d’apprendre la guitare. Andy Nicholson, qui sera 4 ans plus tard remplacé par Nick O’Malley, se met à la basse, tandis que Matt Helders deviendra, « par dépit », le batteur. Mais ce sera d’abord Glyn Jones qui prendra le micro, avant d’être remplacé par Alex Turner, trop timide au début.

Les Arctic Monkeys se réclament de nombreuses influences, certaines plus étonnantes que d’autres. En effet, ils apprécient beaucoup le hip-hop et le rap, et des artistes tels que Tupac, Eminem, OutKast, Drake ou Lil Wayne plus récemment. D’autres références sont par contre beaucoup plus classiques, comme The Strokes, Oasis, The Smiths, Queens of the Stone Age, Black Sabbath ou encore David Bowie.

Les textes sont écrits principalement par Alex Turner, le chanteur, qui déclare être inspiré pour ses paroles par John Lennon ou John Cooper Clarke, un poète et musicien punk. Il parle de faits de société, observe la vie de la classe ouvrière et évoque la culture populaire. Ce thème central fait que le groupe est souvent comparé aux Streets, à Morrissey, ou à Jarvis Cocker (le chanteur de Pulp) au niveau des paroles. On peut ainsi considérer qu’Alex Turner suit ses aînés dans la voie du songwriting.

 

Le groupe naissant se met à jouer dans des bars et commence à répandre sa musique en distribuant des Cds de démos à la fin de ses concerts. Les premiers fans, insatisfaits par le petit nombre de Cds donnés, se les échangent sur Internet, ce qui augmente la popularité des Arctic Monkeys. En effet, contrairement à un ‘mythe’ répandu, ce n’est pas le groupe qui a lancé sa page MySpace (eh oui, on utilisait ça à l’époque) à l’origine du développement du groupe et de leurs concerts avec un public de plus en plus nombreux, mais bel et bien leurs fans.

En 2005, les singes de l’Arctique signent enfin chez le label Domino Records, qui avait produit les Franz Ferdinand, une référence pour le groupe. Ils présentent ainsi en 2006 leur premier album Whatever People Say I Am, That’s What I’m Not. Il détient le titre de l’album le plus rapidement vendu de l’histoire du Royaume-Uni (Leona Lewis les a battus plus tard avec son album Spirit MAIS JE M’EGARE) et NME le déclare comme le 5ème meilleur album britannique de tous les temps.

L’année suivante, ils sortent un second album, Favourite Worst Nightmare, qui connaît également un grand succès. « Les petites frappes anglaises réussissent avec classe et nonchalance le test du deuxième album, plus mûr et plus malin » disent les Inrocks. C’est donc un album qui assure le style seulement esquissé de Whatever People Say I Am, That’s What I’m Not.

C’est en 2009 que le groupe sort un album relativement différent des 2 précédents, Humbug. En effet, les Arctic Monkeys citent parmi leurs influences les Queens Of The Stone Age (QOTSA pour les intimes et autres aficionados). Leur leader, Josh Home, ami de nos 4 musiciens, les aide donc pour la composition de ce troisième album au son plus heavy et plus puissant. L’enregistrement se fait outre-Atlantique, ce qui expliquerait les sonorités plus américanisées, et l’éloignement de ce rock british qui était leur marque de fabrique.

Le 4ème album des singes de l’Arctique sort en 2011, avec un titre plutôt étonnant, Suck it and see. C’est en effet un titre en hommage au film Orange Mécanique du grand Stanley Kubrick où l’on peut entendre cette réplique, qui traduite en français, signifie « Tente le coup, tu verras ensuite ». Il souligne aussi une des particularités du groupe, sa capacité d’autodérision. Il est produit par James Ford, comme pour Favourite Worst Nightmare. Cet album, tout comme Humbug, reçoit un accueil un peu plus froid que les deux premiers. Il sonne plus pop, plus américanisé, plus léger, aux antipodes du précédent donc. Il semble plus accessible mais est en réalité plus profond qu’il n’y paraît au premier abord. On peut retrouver dans Suck it and See l’influence des Strokes, de Jack White et de Johnny Marr. « Library Pictures » est lui un mix des 4 albums des Arctic Monkeys. Une sorte de « Song2″ de Blur, en fait.

Leur dernier et cinquième album en date est de 2013. AM est décrit comme « un album à la fois groovy, sexy et sale » par Josh Homme. En effet, c’est un album sur le thème nocturne principalement, avec des sonorités venues tout droit des sixties et des influences d’Al Green, de Black Sabbath, Fleetwood Mac ou encore Captain Beefheart. Pour NME, c’est l’album de l’année 2013. Pour moi, c’est aussi l’album du morceau « Do I Wanna Know ? ». C’est la chanson qui ouvre le CD avec des sonorités rétro-psych et des influences de Cage the Elephant, Beck ou encore the Black Keys.

Ces albums ont connu peu de publicité ou de marketing traditionnel, mais ce sont encore une fois les fans qui communiquent sur les différents réseaux sociaux. «Don’t Believe the Hype » est leur devise, et ils cherchent à éviter une médiatisation exacerbée, en jouant très peu sur les plateaux télévisés.

 

Depuis leur création, les Arctic Monkeys ont connu un grand succès. Entre 7 Brit Awards, 3 nominations aux Grammys et un Mercury Prize pour leur premier album, ils ont joué (entre autres, bien sûr) à l’ouverture des JO de Londres en 2012 et à Glastonbury en 2007 et 2013.

 

Mais chaque musicien a également des projets personnels, qu’ils montent en dehors de leur pratique collective.

Alex Turner, le chanteur et leader du groupe, a participé à de nombreux albums, en collaboration par exemple avec le rappeur Dizzy Rascal pour Maths and English, ou Reverend and the Makers pour The State of Things. De plus, il crée la bande originale du film Submarine, sorti en 2010. Avec son ami Miles Kane, le chanteur et guitariste du groupe The Rascals notamment, il fonde un groupe, The Last Shadow Puppets et sortent un premier album en 2008, The Age of Understatement. Un deuxième album sort d’ailleurs prochainement, nommé Everything You’ve Come to Expect.

Matt Helders, lui, est le batteur du groupe Mongrel, aux tendances hip-hop. Il remixe également des titres présents sur des Cds d’autres groupes, comme Skin Divers pour Duran Duran.

 

Arctic Monkeys est donc un groupe qui a beaucoup évolué, passant d’un rock bien british à un rock plus américanisé avec leur dernier album, en passant par des sonorités plus heavy et pop. Plus de 10 ans après la sortie de leur premier album et leur consécration comme l’un des meilleures formations de rock actuels, déjà plusieurs autres groupes se réclament de leur influence. Les Rascals, le groupe mené par Miles Kane et qui a fait plusieurs de leurs premières parties, les Vaccines, même si leur style est quelque peu différent, et plus récemment, Jake Bugg, qui sort cette année son troisième album, et The Strypes qui rappellent vraiment le groupe d’Alex Turner à ses débuts. Après 5 albums variés, les singes de l’Arctique sont actuellement en pause indéfinie, et mènent chacun de leur côté leurs projets personnels.

 

Marion Cliquennois

Sources:

Wikipédia

The Huffington Post

NME

Les Inrocks

Destination Rock

Sens Critique

Still in Rock

NME

Lords Of Rock

Vox Pop Mag

Slate

Les Inrocks

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